C’est LA découverte du lundi 6 janvier 2014 !! J’aurai passé ma journée avec elle, par le biais et l’embranchement d’une publication d’une Âmie sur FB citant […]


 

C’est LA découverte du lundi 6 janvier 2014 !! J’aurai passé ma journée avec elle, par le biais et l’embranchement d’une publication d’une Âmie sur FB citant un extrait d’un article de Joanna Macy (ça doit être la 17ème fois que j’écris ce titre aujourd’hui !!!), Working Through Environmental Despair [1995].

J’ai découvert la notion d’écopsychologie, que j’ai ajoutée à ma liste d’idées pour le travail de recherche.

l’écopsychologie ou quelque chose dans ce goût-là
voir à ce sujet les billets sur mon blog perso, La Saint Chronique, consacré à l’article de Joanna Macy (1995), Working through environmental despair
et mes premières recherches sur le sujet
écrire un billet sur les réflexions et intuitions qui me traversent et dont je suis bien consciente qu’elles sont à la croisée des sciences humaines et des sciences de l’environnement et des politiques environnementales

A partir du document L’écopsychologie – Quelques pistes pour en savoir plus (mai 2012), téléchargeable ici > Catherine Thomas, Ecopsychologie (format PDF), j’ai fait des recherches autour des noms que l’auteure cite, d’abord en français.

François Terrasson

  • La peur de la nature – François Terrasson (très bel extrait présenté, publié ci-dessous) qui cite
  • un article d’Hervé Kempf sur Reporterre.net : Les amis de la Terre du 21 avril 2011
    > anthropocène : la capacité transformatrice de l’humanité
    > dualisme occidental nature-culture / la nature comme ennemie
    > clivage fondamental entre conservateurs et écologistes
    > Hans Jonas, dans Le Principe responsabilité paru en 1979 : l’agir humain peut maintenant transformer la nature, qui, de ce fait, perd son autonomie ancestrale
    > James Lovelock, avec sa théorie de Gaïa – également publiée en 1979 -, estime que l’humanité, en interagissant avec la biosphère, modifie le comportement de celle-ci

« La nature, aujourd’hui encore, demeure notre principale ennemie. » Ces mots n’ont cependant pas été écrits par un vaillant scientiste du XIXe siècle, mais par Luc Ferry dans Le Figaro du 31 mars [2011]. Au sein du système oligarchique, Luc Ferry assure, avec d’autres, la fonction de donner un vernis intellectuel à l’impératif de maintien de l’ordre social actuel. On l’a ainsi vu valider le climato-scepticisme de son ami Claude Allègre ou déclarer qu’il préférait Marine Le Pen à Olivier Besancenot. (…)

Selon les écologistes, l’humain a remporté la guerre qu’il a cru mener contre la nature, et sa victoire le met maintenant lui-même en péril : il a trop affaibli celle-là même dont dépend sa survie. Il nous faut rétablir avec la biosphère une relation pacifiée et symbiotique. Ceux qui se croient en guerre avec la nature accroissent le danger. L’avenir appartient aux amis de la Terre.

 

vers de compost
vers de compost

extrait de La Peur de la Nature, de François Terrasson*

Terreur de l’organique. C’est le maître slogan peint en lettres invisibles sur nos tracteurs, gravé au fronton de nos tours, tatoué sur le coeur de nos grands technocrates. Nettoyez-moi tout ça ! Il y a tant de belles choses dans la nature, pourquoi montrer, et surtout pourquoi garder celles-là ?

Parce que justement elles sont le plus beau miroir de nos craintes. La nature y manifeste tranquillement son inhumanité. Pour une civilisation qui aime à croire que l’homme est le chouchou de la nature puisqu’elle lui a donné le plus gros cerveau, il y a là comme un rappel qu’elle pourrait bien avoir, après tout, d’autres préoccupations. Ou alors, pas de préoccupations du tout, aveugle et sans soucis, dépourvue de sentiments…

En tout cas prête à tout, même aux plus infâmes grouillements pour parvenir à des fins qui peut-être même n’existent pas.

La nature n’est pas regardante sur les moyens. S’il faut des gros yeux globuleux, il y aura des gros yeux globuleux. Si la tripe se voit un peu trop aux plis de la peau du ventre, tant pis pourvu que ça marche ! Si les poses sont obscènes, l’essentiel est que l’espèce continue. Carapaces, pinces, lanières, cartilages et suintements en même temps que couleurs, chatoiements et feuillages.

La sorcière nature n’a que faire de notre regard, qu’on la voie comme une vieille terrifiante ou comme une belle jeune fille, elle s’en contrefout, puisqu’elle est les deux et bien plus encore.

La beauté de la nature est dans la relation que nous entretenons avec elle. Chacun trouve beau ce qui correspond à son organisation émotionnelle. Et laid ce qui la choque. Tout ceux dont la formule émotionnelle rejette l’organique sont condamnés à avoir peur de la nature.

Celle-ci nous offre des spectacles qui obligent à se rappeler que si on nous ouvrait le ventre on en trouverait de semblables. En nous vit et travaille, l’organicité impudique de la nature. Dans une société où l’un des grands mythes inconscients est que nous sommes de purs esprits, rationnels, clairs et quasiment métalliques.

* TERRASSON François, La Peur de la Nature, Le Sang de la Terre, 2007, p. 118-119



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