Voilà le pouvoir de la forêt ! Nous extirper en silence de nos ‘usages humains’, nos codes, et nous renvoyer sans gêne dans l’histoire des vertébrés, au milieu des autres règnes, dans une harmonie de survie qui engendre immédiateté et humilité.

la forêt sans l’homme réveille l’humain intérieur



Dire que les forêts sauvages réveillent l’humain intérieur, c’est décrire tout l’éveil de sensibilité que nous pouvons y vivre qui nous extirpe des perceptions égocentrées ordinaires. Comme ces forêts n’ont pas de signalétique, rien qui renvoie l’homme aux usages humains, elles détiennent ce singulier pouvoir de nous aider à reprendre contact avec le monde en dehors de notre mental, par le sensible direct !

Voilà le pouvoir de la forêt ! Nous extirper en silence de nos ‘usages humains’, nos codes, et nous renvoyer sans gêne dans l’histoire des vertébrés, au milieu des autres règnes, dans une harmonie de survie qui engendre immédiateté et humilité. Nous redevenons tels ces humains pas très éloignés des animaux … Oui, le mental s’arrête et c’est un autre contact, un autre être-au-monde qui s’active à l’intérieur. Nos sens retrouvent des mémoires oubliées, des gestes ancestraux, des visions presque hallucinatoires de voyages dans le temps. Asseyez-vous autour d’un feu le soir dans une clairière de forêt dans l’intention d’y passer la nuit et concentrez-vous la nuit venue sur le silence et les flammes du feu… On en reparle le lendemain au ptit’déj ?

Ce premier paragraphe est tiré d’un article sur un site que je découvre ce jour : La Buvette des Alpages. Site très fourni d’informations France et pays francophones. L’article dont je parle s’intitule Bernard Boisson : la forêt sans l’homme réveille l’humain intérieur et il est magnifique ! Je vous le conseille vivement, dans une lecture lente et tournée vers la sensation.

en notre for intérieur
en notre for intérieur …

Comment au niveau de notre société entière, retourner vers la nature sans la faire reculer ?

Tourisme & détente, besoin de retourner à/vers la nature > peut-être que toute la subtilité est précisément dans le choix de la ‘préposition’ : ‘à’ ou ‘vers’, un besoin de retourner ‘à’ la nature impliquant une ‘station’ (posture) quotidienne et un besoin de retourner ‘vers’ la nature une opportunité de ressourcement dans un mode de vie stressant, un aller-retour entre ‘société’ et ‘nature sauvage’ < là serait le tourisme, l’écolog-isme se rattachant pour sa part à la 1ère proposition et se retrouvant ainsi confronté à la dure réalité, injuste, que tout le monde ne peut pas (plus) en profiter.

Le prêt-à-voir, le prêt-à-plaire, le prêt-à-consommer, tous les «prêt à» du tourisme dans ses infrastructures, sa médiatisation, et son organisation, nous coupent d’un contact direct avec l’indicible, l’ailleurs, l’intemporel qui émanent du tréfonds des bois sauvages.

«La forêt sans l’homme réveille l’humain intérieur» : croyez-vous vraiment que c’est une pensée «d’écolo» ? C’est avant tout la pensée d’un amoureux de l’intime. Si tant de gens compensent par une surfréquentation de nature nos malaises de société, c’est que nos environnements artificiels, nos milieux professionnels sont dramatiquement dépourvus d’intimité. Rétablissez l’intime dans le monde artificiel, et les êtres humains redécouvriront la nature pour elle-même et non par besoin de compensation.

[Bernard Boisson]

Et j’ai poursuivi mes lectures, entre autres sur le même site. Et voici ce qui s’en vient, de Robert Hainard en 1972 !!!

Vouloir confiner les pays actuellement pauvres, pittoresques et naturels dans la fonction touristique, c’est encore une forme de colonialisme.

[Robert Hainard, http://www.buvettedesalpages.be/2009/11/robert-hainard-les-forets-sauvages.html]



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