Pour ce billet, qui fait suite à l’eau dans tous ses états, je m’inspire largement du livre 2033 […]

hydrologie * la rareté de l’eau



Pour ce billet, qui fait suite à l’eau dans tous ses états, je m’inspire largement du livre 2033 – Atlas des futurs du monde de Virginie Raisson, paru en 2010 aux Editions Robert Laffont, qui traite de l’eau aux pages 92 à 121.

Mais avant d’entrer plus avant, voyons tout d’abord une carte mondiale par anamorphose : Utilisation de l’Eau

source : http://worldmapper.org (cliquez sur l'image pour l'agrandir)
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En dehors des eaux souterraines fossiles, l’eau douce est une ressource renouvelable qui pourrait largement suffire à couvrir les besoin annuels de l’humanité ainsi qu’à préserver les écosystèmes. Or en réalité, les ressources en eau douce sont très inégalement réparties sur la planète, répartition inégalitaire encore accentuée par la répartition, inégale elle aussi, de la population mondiale.

Asie : 36% des ressources en eau douce pour 60% de la population mondiale
Amérique du Sud : ce rapport s’établit à 26% pour 6% de la population mondiale
Afrique* : 11% / 13%
Europe : 8% / 11 %

*Contrairement à l’image répandue d’un continent gagné par la soif, l’Afrique dispose de vastes aquifères et de plusieurs bassins versants majeurs (Sénégal et Niger en Afrique de l’Ouest, Congo en Afrique centrale, Zambèze et Okavango en Afrique australe, Nil en Afrique de l’Est).
D’ici à 2033 pourtant, de plus en plus de pays seront affectés par des situations hydriques tendues. Car si la part mondiale des ressources en eau douce du continent (11%) correspond encore globalement à celle de sa population (13%), plusieurs facteurs contribuent déjà à dégrader la situation.
On projette que la hausse de la population africaine de 55% d’ici à 2033 entraînera une hausse de la demande agricole au moins aussi importante. Or on prévoit qu’au même moment le réchauffement climatique accentuera le déficit hydrique des régions arides, tandis que les pollutions d’origine agricole et urbaine affecteront la quantité et la qualité des eaux disponibles.

Ces disparités sont encore plus marquées à l’échelle des pays.

premier indicateur : diviser le volume d’eau douce renouvelable par le nombre d’habitants
– en haut du classement, le Brésil (45000 m³/hab/an) et la Norvège (83000 m³/hab/an)
– en bas du classement, l’Arabie Saoudite (95 m³/hab/an) et les Maldives (98 m³/hab/an)

2e indicateur, pour qualifier ces situations en termes de risques, classe les pays selon que leurs ressources sont suffisantes ou en situation de vulnérabilité, de stress hydrique, de pénurie ou de manque absolu (‘water barrier’).

Mais un nouveau changement d’échelle permet de constater que la disparité des ressources mesurée à l’échelle des pays peut masquer de grandes inégalités sur leurs territoires, les ressources en eau et la population ne s’y répartissant pas de façon homogène.

Exemple – En France, 5400 m³/hab/an dans le bassin versant du Rhône pour seulement 1400 m³/hab/an dans celui du Rhin.

 

Projection dans le temps

L’évolution de la disponibilité en eau douce d’un pays ou d’une région dépend de multiples paramètres, au premier desquels figure l’agriculture qui représente à elle seule plus des 2/3 de la consommation mondiale d’eau douce.

Prévisions de la FAO, au vu des projections démographiques mondiales :

d’ici 2050,
population +33%
demande hydraulique d’origine agricole +14% min.

de plus, projection d’une baisse du taux de croissance démographique de 1,16% en 2010 à 0,31% en 2050, on pourrait aussi conclure au prochain ralentissement de la hausse de la demande en eau douce

MAIS

au cours du XXe siècle, la population a été multipliée par 3,8 pendant que la demande hydraulique était multipliée par 6,8
car d’autres facteurs agissent pour fixer la demande en eau :

– hausse des revenus,
– changement de modes alimentaires,
– hausse de la demande en produits finis,
– mondialisation des échanges,
– développement des infrastructures et des équipements sanitaires,
– urbanisation, etc.

Ainsi les Nations Unies établissent qu’à une augmentation annuelle d’env. 80 mio d’habitants correspond une demande supplémentaire en eau de 64 milliards de mètres cubes.

 (to be continued)



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