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La forêt suisse : présentation et économie

cours du 22 nov. 2013 > On ne plante pas un arbre pour soi-même, mais pour ses enfants et ses petits-enfants ou comment la Suisse fut pionnière en matière de développement durable, ce dès le XIXe siècle !

1. La forêt suisse

Quelle est la proportion de forêts sur le territoire suisse ? > 31% (1,275 mio ha en 2005-2006*)

Prédominance des forêts sur les autres occupations du sol. Surface en augmentation constante +2,3% en 10 ans (IFN2*), au détriment principalement des pâturages et des montagnes/glaciers. Evolution normale étant donné que, sous notre régime climatique (cf cours de biogéographie : les biomes), la combinaison sol/végétation tend naturellement vers la forêt (le climax > fiche).

*2005-2006 : IFN3 = inventaire forestier national

les 2 premiers inventaires forestiers nationaux eurent lieu 1) en 1983-1985 et 2) en 1993-1995
IFN4 est en cours (2009-2017)

cf. site suisse (OFEV) de l’Inventaire Forestier National
en particulier quelques articles résumant les tendances à partir des résultats de l’IFN3, initialement publiés dans la revue ‘La Forêt’

Qui possède la forêt suisse ? > plus de 70% de la forêt suisse appartient aux collectivités publiques, principalement locales (bourgeoisies 33% – communes 28% – cantons 5% – Confédération 1%), les propriétaires privés en possèdent 27% et des corporations publiques-privés se partagent les 6% restants.

Est-elle protégée, et comment ? > La Suisse est pionnière en la matière ! Sa 1ère loi fédérale date de 1876 (loi sur la police des forêts) et inscrit un principe à l’époque révolutionnaire et aujourd’hui repris internationalement dans le cadre d’un développement durable : la durabilité.

Ce principe repos[e] sur la prise de conscience que chaque génération a droit aux mêmes possibilités de rendement. Elle ne peut en utiliser que les intérêts – le bois qui croît – mais ne doit pas toucher au capital – le volume sur pied. La loi de 1876 était et reste un modèle au plan international.
Source > 125 ans de loi forestière: un succès durable, message de la Confédération, Berne, 29 mai 2001

> histoire chronologique de l’établissement de l’actuel WSL, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage

Actuellement, les forêts suisses vivent sous le régime de la Loi Forestière (fédérale) de 1991, qui constitue une révision de la 2e loi forestière de 1901. Elle définit 4 fonctions de la forêt :

  1. une fonction protectrice
  2. une fonction liée à la biodiversité
  3. une fonction économique
  4. une fonction de détente

Nos forêts sont composées env. de 2/3 de résineux (épicéa 40%) et de 1/3 de feuillus, au premier rang desquels figure le hêtre.
Pour de plus amples détails, voir arbres forestiers les plus répandus en Suisse (tableau et résultats issus de IFN1, 1983-1985, sur le site consacré à l’Inventaire Forestier National).

Les fonction protectrice et économique ont été les premières à être reconnues. La fonction liée à la biodiversité a été ajoutée lors de la révision de 1991.

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Fonction économique – Le bois est la seule matière première renouvelable en Suisse.
Volume de bois sur le territoire suisse : 420 mio m3, soit ~ 360m3 /ha (#1 en Europe) et ce chiffre tend à augmenter.
Accroissement annuel de 9.5 mio m3 dont 8,4 mio m3 de bois fort, càd des arbres dont les diamètres à hauteur de taille est de minimum 12-13 cm.
6,4 mio m3 (dont 5,6 mio m3 de bois fort) sont exploités annuellement, soit les 2/3 de l’accroissement > sous-exploitation et capitalisation (accroissement constant du volume de bois).
Chiffres 2001 : 7’300 forestiers contribuent au travail de 73’400 personnes dans l’industrie du bois.

Les forêts suisses sont sous-exploitées et tendent à croître. Cette sous-exploitation a pour conséquence un vieillissement des forêts qui contribue à la déstabilisation des sols.

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[su_spoiler title= »Fonction protectrice » style= »fancy » open= »yes »]

Fonction protectrice – Cette fonction fut à l’origine de la prise de conscience ayant mené à l’adoption de la 1ère loi forestière en 1876. Au cours de la 1ère moitié du XIXe siècle, puis la Révolution industrielle, le défrichement (pour accroître les surfaces cultivables) et le déboisement (pour la combustion au bois) prirent une importance majeure, entraînant dès les années 1850 des catastrophes naturelles : glissements de terrain, inondations, crues.
La 1ère loi forestière posait 2 principes : l’interdiction du défrichement et le reboisement des zones instables. C’est d’ailleurs ce reboisement qui est à l’origine de la grande présence de l’épicéa sur le territoire suisse, dont ce n’est pas l’habitat naturel : il fallait une essence adaptée à plusieurs types de terrain et qui pousse vite.
Ainsi, les forêts que l’on exploite actuellement, à forte densité d’épicéas, datent de la 2e moitié du XXe siècle. Apparaît ainsi un grand principe de l’économie forestière : son cycle s’étend sur plus d’un siècle, contrairement à l’économie agricole dont le cycle est annuel. On ne plante pas un arbre pour soi-même, mais pour ses enfants et ses petits-enfants !
C’est là un principe totalement précurseur du développement durable : on n’exploite pas plus que ce qui est produit. Déjà dans les années 1860-1870, les plans de gestion forestière prévoyaient à 150-160 ans !

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2. Évolution de la forêt

(à suivre)



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